
Le film de Jonathan Levine hésite longuement entre le slasher psychanalytique et le drame adolescent un rien sanglant.
Dans cette histoire d’une adolescente splendide, poursuivie par les ardeurs de tous les mâles en rut du lycée, et défendue par un meilleur ami plus libidineux qu’il n’y parait, il y a une évidente volonté de trancher avec le film d’horreur lambda, destiné à un public à peine pubère.
Mandy Lane est une œuvre ambitieuse, qui sait oublier la musique tonitruante, le rythme soutenu des meurtres, et la surenchère gore.
Le réalisateur préfère filmer son héroïne à contre jour dans la lumière du soir texan, avec une douce évanescence qui voudrait rappeler le cinéma de Sofia Coppola.
Il dégaine en fin de film un twist amenant à une réflexion sur la passion adolescente, le narcissisme, le mal être des bimbos.
Œuvre ambitieuse, et démarche prétentieuse, donc …
Et pourtant, All the boys love Mandy Lane présente un intérêt certain.
Il fait évoluer le genre dont il se défausse, le slasher, en exploitant pleinement un principe officieux.
Ce principe, surligné par Craven (déjà analyste du genre) dans son premier Scream serait : « Sauvegardons la vierge ».
Parce que Mandy, l’oie blanche, est vierge, forcément.
Sa candeur, sa beauté, son innocence, sont soulignés par chaque plan.
Et ceux qui l’entourent, pervers ou envieu(ses), seront décimés tour à tour.
Le film de Levine prend le parti de plonger dans le mythe de la fascination virginale.
Il capte très mal le marasme adolescent, mais filme sur un piédestal sa vierge sacrée.
Le personnage d’Amber Heard est approché de manière ambivalente. Elle apparaît intouchable, saine, mais induit le meurtre et le sang, et légitime un puritanisme de tous les plans.
Ici, comme ailleurs dans le genre, qui couche meurt.
Pire, un personnage qui suce se fera défoncer la mâchoire à coup de canon de fusil.
All the boys love Mandy Lane n’est pas un slasher progressiste. Au contraire, il revient à la dimension primaire du genre, celle qui punit les ados vautrés dans la luxure, celle qui apparente le sexe au sang, et la virginité, justement, à l’absence de sang.
Toute la sophistication de la mise en scène n’aura donc pu éloigner Levine de ses pairs.
C’était bien la peine de sortir toute la batterie de filtres …..