
Attendu comme le gros coup de flippe de cette fin d’année, Paranormal Activity est déjà évoqué dans une même phrase avec Rec de Balaguero et Plaza.
Il ne tardera pas à souffrir de la comparaison.
Parce que le premier film d’Oren Peli tient plus du coup marketing façon Blair Witch Project que du coup de maître minimaliste.
Il y a fort à parier qu’on entendra plus parler de Peli, comme on a totalement oublié le nom des réalisateurs de Blair Witch.
Paranormal Activity est un concept intriguant, à savoir le film de Poltergeist, d’esprit frappeur, débarrassé de l’embarrassante artillerie des SFX.
La peur est hors champ, dans un coup frappé au sol, dans un cadre brisé sur un mur.
Jusque là, le genre ne tentait pas le pari de l’épure.
Et si Peli opte pour tant de sobriété, c’est probablement du fait d’un manque salutaire de moyens.
Sur ce parti pris, le film fonctionne parfaitement pendant une bonne heure.
Et puis la démarche atteint ses limites.
Le cinéaste volontaire mais inexpérimenté se retrouve dans une impasse.
Il a eu une idée brillante, mais pas de scénario, pas de structure, pas de ressort.
Le résultat est forcément frustrant.
Le film s’arrête lorsqu’il devrait commencer.
Le crescendo très lent a étiré l’exposition.
Quand la tension est à son comble, qu’il faudrait porter le film à un autre degré de terreur, matérialiser la peur, Oren Peli clôt son récit de manière abrupte.
Comme un musicien hésitant prenant soudain conscience des possibilités infinies de l’instrument qu’il manipule, le cinéaste en herbe concède son impuissance.
Une excellente idée ne fait pas un excellent film.
Elle fait toutefois illusion le temps de quelques séquences.
C’est toujours ça de pris.







