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Archive for juillet 2009

Public Enemies

Public enemies est une confirmation.
Michael Mann est une rock star destinée à parcourir les écrans du monde entier en rejouant ses meilleurs tubes.

En tant que cinéaste, on peut légitimement douter du fait qu’il ait encore quoi que ce soit à offrir.
Mann est parvenu au bout de ses thèmes.
Depuis Le Solitaire, il est le cinéaste de l’obsession. Ses personnages sont des obsédés du boulot, des lone gunmens au professionnalisme compulsif.
Mann est fasciné par la quête de perfection, la droiture morale, le respect des antagonismes.
Ces héros sont des artisans du crime, qui vivent et meurent avec leurs principes, leurs choix.
Ils sont interchangeables, froids, brillants, et masochistes.

Miami Vice était une vaine figure de style.

Public Enemies est une majestueuse redite de Heat.
En mode mineur bien sûr.
Le film s’ouvre sur une scène d’évasion, semblable au braquage initial du film de 1995.
Le membre de l’équipe injustement violent sera puni dans la foulée.
Marion Cottilard se sacrifie en silence pour l’être aimé, à la manière de Val Kilmer.
Les sidekicks sont décimés devant les yeux du héros, lui révélant son destin.
Et la mise à mort du gangster idéalisé est un bloc de vingt minutes, une lente montée en puissance tragédienne.

Formellement, Mann continue à faire évoluer son art.
On pouvait douter du bien fondé de l’utilisation de la haute définition.
Mais cette image brute, ces tons plaqués, donnent une densité particulière au métrage.
Tout est si net. Les pores de la peau, les chromes des voitures semblent palpables, réels, proches.

Et le cinéaste se plait à cadrer ces grands ciels si profonds, pour enchainer avec ces visages en très gros plan.
La forme est un artifice, splendide, permettant au spectateur de ne pas décrocher du récit.
Mais ce n’est qu’un placebo.

Rien ne saurait masquer la vacuité de l’ensemble.
Ce film, on l’a déjà vu, mieux écrit, avec de meilleurs comédiens.

La carrière de Michael Mann marque un sérieux coup d’arrêt depuis Collateral, petit polar nocturne et synthétique, bloc de perfection aride et glacial.

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Boy meets girl.
L’histoire sans fin.
Ici, ils se rencontrent de nuit, à New York, dans un chassé croisé loufoque entre les scènes rock indé.

Ces histoires là, il faut savoir les raconter.
Nick and Norah’s infinite playlist ne révolutionne pas exactement la comédie romantique. Pire, il est jalonné de lieux communs du genre.
Mais il s’inscrit dans un nouveau mouvement du cinéma indépendant.

Comme Juno, comme Dan in real life, le film de Peter Sollett est une comédie douce amère, pop, mélancolique.
Peut être Hugh Grant avait il annoncé ces héros là avec sa maladresse séduisante, peut être Sofia Coppola a-t-elle ouvert la voie avec sa superbe évanescence.
Mais la comédie romantique moderne se revendique des artistes pops, évoque des nostalgies comme Belle and Sebastian, amuse et enchante comme Devandra Banhardt.

Et Michael Cera, le fils fluet de Michael Bluth, devient le héromantique idéal.

La modernité dans le genre, ce n’est pas le récit, c’est le ton : heurté, hésitant, nostalgique.

Les personnages sont des losers en stand by.
Il est loin Richard Gere et son sourire carnassier.
Le séducteur moderne, c’est un geek à la mèche molle.

Le cinéma, parfois, n’est qu’une affaire de style.
L’humilité, la simplicité, et une playlist très séduisante, peuvent suffir à créer un petit moment de grâce.
Comme cette scène d’amour, dans un studio d’enregistrement, sur How to say good bye de Paul Tiernan.

Un petit rien, mais c’est déjà beaucoup.

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