Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for septembre 2009

BRONSON

Le nom de Charles Bronson évoque immanquablement le justicier moustachu de Michael Winner.
En Angleterre, il s’agit également du pseudonyme de Michael Petersen, plus ancien détenu de la verte Albion.
Le cinéaste danois Nicolas Winding Refn, connu pour sa trilogie choc Pusher s’est emparé du personnage pour livrer un biopic atypique.

Bronson, grimé, présente sur scène son destin.
Le récit est classique.
L’enfance, le délit, l’incarcération, la soif de reconnaissance.
Puis l’accomplissement artistique, avant la rechute, dénotant le caractère cyclique de la vie derrière les barreaux pour Peterson.

Le film pourrait être une diatribe contre un système carcéral permettant de garder à l’ombre un homme qui n’a commis aucun crime de sang pendant plus de 30 ans.

Mais Refn ne trouve aucun intérêt au propos politique, ou social.
Son choix, c’est celui de la surreprésentation d’une icône.
Bronson est un objet de fascination, une caricature.
Le danois agité sort les filtres, le grand angle.
Il fait prendre la pose, construit son personnage dans un cadre restreint.
Le film ne respire pas.
Chaque plan prône le choc visuel, musical.
Toute spontanéité est bannie.
Le clown respecte les marques au sol.
Refn esthétise, à défaut de faire du sens.

Trop conscient d’avoir une bombe devant la caméra, grâce à la performance du comédien Tom Hardy, le metteur en scène use son bouffon jusqu’à la moelle.

Bouffon, parce que Bronson n’apparaît jamais un tant soit peu effrayant. Il cogne, il rue, mais ses intonations, sa bonhommie, en font un pitre sympathique et déphasé.
Largement moins violent et nihiliste qu’un Fight Club, Bronson vaut pour l’abatage phénoménal de son interprète.

Certains optimistes n’ont pas manqués d’évoquer Orange Mécanique.
Mais le cinéma de Kubrick se situait à l’exact opposé de ce brûlot démonstratif.
Stanley K. bannissait toute gratuité, tout racolage. Il ne glanait pas la sympathie de l’audience.
Kubrick faisait un cinéma froid, calculé, où le sens primait.
Kubrick avait saisi l’équilibre sensible entre le sensoriel et le théorique.

Nicolas Winding Refn s’engouffre tête baissée et neurones éteints dans un culte du plaisir, dans une débauche stylistique.
Bronson est fun et maniéré jusqu’à la gueule, à défaut d’être bon.

Publicités

Read Full Post »